Mener un projet d'évolution - Un sport collectif
Pourquoi les projets d’évolution échouent quand on les porte seul
Bonjour à tous et bienvenus dans cette nouvelle édition de “L’Ascension des Legal Ops” !
Bienvenue aux nouveaux abonnés qui ont décidé de rejoindre le côté de la Force. Plus nous serons nombreux à porter l’état d’esprit Legal Ops, plus il se répandra rapidement dans le reste de la galaxie juridique.
Alors merci pour ça 🙏 Et pour continuer de le faire grandir, n’hésitez pas à partager cette newsletter autour de vous:
Petite nouveauté: on change de format, de présentation. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir avec le sujet du mois:
L’évolution du droit - Un sport collectif
Seul, on démarre plus vite, on termine certainement moins loin
S’il y a bien une chose qui me fait plaisir, c’est de voir de plus en plus de juristes motivés, d’avocats curieux, animés par une véritable envie d’évoluer, de se digitaliser, de se structurer.
Ils arpentent les RDV des Transformations du Droit, rejoignent des communautés dédiées à l’innovation juridique et n’hésitent plus à échanger avec leurs pairs pour obtenir conseils et retours d’expérience.
Mais après avoir fait tout cela, lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre le changement concrètement, ils se disent “Je vais gérer ça tout seul”.
Pas par orgueil ou par ego, mais parce que cela semble plus simple, plus rapide.
Mais ceux qui se lancent seuls se font généralement vite rattraper par la réalité:
Surcharge de travail, car le projet d’évolution vient en plus du business as usual
Isolement, lorsqu’il s’agit de prendre une décision, de trancher
Des doutes. Est-ce la bonne façon de faire ? suis-je sur la bonne voie ?
Une perte d’élan. L’énergie initiale, victime de la surcharge et des doutes, se transforme en lassitude
Par conséquent, les projets stagnent, le quotidien prend du retard aussi et la confiance s’effondre par la même occasion.
Se lancer seul, une fausse bonne idée
Pour être honnête, je les comprends les juristes qui veulent se lancer seuls dans un projet d’évolution.
Ils manquent de temps, donc pourquoi en perdre davantage à aller chercher du soutien.
Ils ne veulent pas déranger. Même si leur idée leur semble bonne, le doute subsiste toujours alors ils préfèrent faire puis informer plutôt que d’aller perturber d’autres collègues avec leurs idées.
Et puis si ça ne marche pas, si ça se complique, ils laisseront tomber, et personne n’en saura rien. L’échec solitaire fait moins peur qu’une certaine “honte” publique.
Impliquer les autres, cela ajoute de la pression aussi. On doit “être à la hauteur”. On veut faire bonne impression.
Alors, naturellement on préfère se lancer seul.
Ce n’est que plus tard, que l’on découvrira que ce n’était pas la bonne solution.
Pas par manque de compétence, mais pas excès de responsabilité !
Oubliez la vitesse, visez la justesse
Pourquoi se lancer seul est donc une fausse bonne idée alors ?
Car c’est partir du principe que l’évolution, le changement sont des problèmes techniques. Alors qu’en réalité ce sont des problèmes humains, organisationnels, cognitifs
Vitesse, rapidité, précipitation sont le côté obscur de ces éléments. Et votre volonté d’agir seul vous y fera basculer naturellement.
Tandis que pour rester du côté de la Force, pour réussir votre transformation, vous devez prendre le temps de viser juste. Et cela implique nécessairement de jouer collectif.
Passez de vite fait mal fait à vite impliqué bien fait !
Car oui, en matière de projet collectif, les rôles sont nombreux et chacun a une place précise
Les acteurs d’un changement réussi
Jouer collectif, ce n’est pas simplement trouver un collègue qui partage vos idées et qui soit assez fou pour se lancer avec vous. Oui deux c’est mieux qu’un, mais ce n’est pas le collectif nécessaire pour une évolution réussie.
Qui sont alors les acteurs de votre projet ?
Le Sponsor (pas juste un nom sur une slide)
Qui: directrice/directeur juridique, COO, top management
Quoi: elle/il porte la vision, donne la légitimé, arbitre quand ça bloque et rend le changement prioritaire pas optionnel
Comment: elle/il parle du projet, le soutien publiquement et assume les décisions impopulaires si besoin
Pourquoi: sans sponsor actif, les projets échouent, tout simplement
Les ambassadeurs (les missionnaires du changement)
Qui: les plus curieux, les plus motivés, les plus impliqués
Quoi: comprennent le changement, traduisent dans le langage du terrain, donnent envie, rassurent
Comment: ils n’imposent pas, ils n’expliquent pas tout mais ils montrent l’exemple ! Et mènent indirectement grâce au Lead By Example
Pourquoi: ils ne sont ni hiérarchiques ni consultants, ils incarnent le “possible” et créent l’effet d’entrainement
Les parties prenantes (chacune à son niveau)
Les utilisateurs finaux: juristes, avocats, équipes opérationnelles concernées. Ce sont eux qui vivent le changement. Ils doivent être de la partie
Les managers intermédiaires: Souvent oubliés des projets de transformation, ils traduisent la vision en priorités concrètes, protègent les équipes et arbitrent entre l’ancien et le nouveau
Les fonctions support: IT, finance, RH, conformité, etc. Ils sécurisent, structurent et rendent le changement soutenable. Sans eux, le projet peut être séduisant… mais fragile
Le pilote (on l’appelle Legal Ops parfois)
Qui: Change lead, chef de projet, Legal Ops, facilitateur, qu’importe son nom, c’est sa posture qui importe
Quoi: Coordonne, fait le lien entre les acteurs, maintient le cap et gère les tensions
Comment: il n’a pas qu’un rôle technique. Il est surtout un acteur du relationnel, de l’humain
Pourquoi: Car sans pilote, l’avion ne décolle pas, et atterrit encore moins à destination
Les opposants (oui oui, eux les sceptiques, les adeptes du “on a toujours fait comme ça”): ils révèlent les angles morts, posent les bonnes mauvaises questions et signalent les risques réels. Les exclure signifie radicaliser la résistance
Le collectif (tous ensemble): Il apporte intelligence collective, effet miroir, et apprentissage accéléré. Il n’est ni une somme d’individus ni un moyen, c’est un levier stratégique
Vous avez un projet ? Ne foncez pas tête baissée, mais courrez réunir tous les acteurs nécessaires à sa réussite !
L’exemple de la communauté ON
Prenons un exemple concret et fortement d’actualité: l’IA
Combien de juristes, d’avocats veulent déployer un projet IA dans leur entreprise ou leur cabinet ?
Alors ils observent, se renseignent mais sont souvent seuls !
Seuls face à leurs doutes, face à l’immensité des possibles, face à la complexité. Alors les initiatives sont timides, les implémentations sont repoussées et on voit apparaitre les premiers échecs.
Mais ça, c’était avant la communauté ON !
Qu’est-ce que la communauté ON ?
Portée par Enzo Spitaleri et Tomorro, ON vise à réunir le plus grand nombre de professionnels du droit au sein d’une même communauté dédiée à l’IA.
Pas une communauté de clients de l’éditeur, pas un cercle fermé d’experts, pas un évènement one shot et plus rien derrière. Non.
Une communauté gratuite, ouverte à tous, d’entraide, de soutien dans la durée !
Comment ça marche ?
Nous sommes tous regroupés sur une plateforme collaborative dans laquelle nous pouvons échanger, partager, dialoguer.
Au sein de la communauté, les membres ont chacun un badge:
OnWay: j’arrive, je découvre, j’expérimente.. l’IA est devant moi, j’ai besoin de soutien pour l’exploiter pleinement
OnTrack: j’ai essuyé les plâtres et me suis aguerri. L’IA fait déjà partie de mon quotidien et je cherche à aller encore plus loin
OnTop: nous sommes 16 “experts” prêts à vous accompagner, à vous guider, à progresser avec vous: Daria Viktorova Claire Caquant Amel Rechid Clara Ripault Malicia Giroud Manon Darras Marie Potel-Saville Sophie Vieilledent Ambre Nataf Alexandre Verrien Steve Chretien Quentin Peltier Hugo Ruggieri et moi :-)
Qu’est ce qu’on y trouve ?
Comme je l’ai dit, ON n’est pas une initiative à court terme. C’est une communauté faite pour durer, pour vous accompagner dans le temps.
Vous y trouverez donc:
Un espace de partage et d’échange pour des conseils au quotidien
Des webinaires, des masterclass pour progresser
Des évènements en présentiels pour se rencontrer et partager
Des ressources utiles
Des conseils pratiques et actionnables
Et bien d’autres surprise à venir
Mais surtout, la force du COLLECTIF !
Pour nous rejoindre, rien de plus simple, il suffit de vous inscrire juste ici 👇
Ce que j’observe dans ON, ce sont surtout des juristes qui osent enfin poser des questions qu’ils n’auraient jamais posées seuls.
Conclusion
Évoluer, ce n’est pas aller plus vite.
Ce n’est pas non plus empiler des outils ou des méthodes.
C’est accepter que certaines questions méritent d’être partagées plutôt que portées seul.
Le collectif ne fait pas le travail à votre place.
Il rend simplement le travail possible, et surtout soutenable.
Alors, ce nouveau format ?
Lorsque j’ai créé la newsletter au printemps 2025, j’avais beaucoup d’idées en tête à partager. Des sujets de fonds, des personnes à faire découvrir et des astuces à vous dévoiler.
J’avais donc structuré ma newsletter avec tous ces thèmes pour chaque numéro. Un sujet Legal Ops, un portrait, une tech, une skill et des astuces.
Si au début cela me plaisait, j’ai été pris de doutes en ce début d’année. Est-ce réellement le bon format ? Cette structure me permet-elle vraiment d’aider les directions juridiques et les cabinets d’avocats à avancer ? Et la réponse (la mienne en tout cas) a été non. Le format faisait trop “magazine” avec des articles à la carte. Il était très long sans pour autant aborder chaque thème en profondeur.
Alors j’ai voulu changer, en n’abordant 1 thème principal par édition. Chaque thème sera abordé à la fois de façon un peu théorique (mais pas trop, vous me connaissez, je n’aime pas ça), mais aussi par des observations et des retours d’expériences. Et bien sûr quelques conseils et astuces, sans jamais rentrer dans la leçon de morale.
Et si vous aimiez les portraits, skills et découvertes tech, ne vous inquiétez pas. Ils n’ont pas disparu mais viendront illustrer chaque thème lorsque cela sera pertinent.
J’espère que vous avez apprécié cette nouvelle version. N’hésitez pas à partager vos impressions, vos critiques aussi. Elles sont toujours les bienvenues pour faire progresser et évoluer cette newsletter.
Vous savez maintenant, c’est la force du collectif….



Quand même, parfois il y a un peu d'égo sur la décision d'avancer sans legal ops.. :)
Un point sur les opposants : oui ils doivent avoir une certaine place, mais j'affinerais en disant que cette place ne doit pas être trop grosse car les écouter = oui, les subir = non.
Sinon je valide tout à fait l'approche:
- 1 solide sponsor
- 1 équipe projet (legal + IT si besoin)
- des subject matter experts
- les key users (ceux que tu nommes ambassadeurs :))
Et c'est parti !
Je suis tout à fait d’accord sur les opposants. Il ne faut évidement pas les subir. Mais les ignorer totalement non plus. Et c’est souvent un réflexe. Par facilité, pour ne pas s’encombrer de cela.