L'Ascension des Legal Ops - Christmas Special
Vie de juriste/Legal Ops, 100% vécue !
Bonjour à tous et bienvenus dans cette Newsletter #6 de “L’Ascension des Legal Ops”!
Vous êtes à présents 181 abonnés (👋bonjour aux 30 nouveaux Jedi) à l’attendre avec impatience ! Une communauté qui ne cesse de croitre donc et qui montre bien l’intérêt grandissant pour les Legal Ops.
Aujourd’hui, c’est une édition un peu spéciale, la CHRISTMAS SPECIAL, celle qui n’est pas prise de tête, celle que vous pouvez lire pour digérer la dinde de Noël tout en vous préparant à la soirée du nouvel an.
J’espère quand même que vous avez été raisonnables. Ce serait dommage de passer ces quelques jours de trêve avec une crise de foie. Pour ma part, j’ai arrêté l’alcool il y a 18 mois tout pile et je ne me suis jamais aussi bien senti. Mens sana in corpore sano.
C’est aussi une édition dont vous avez choisi le contenu 👍A l’origine pour vous détendre sur la plage cet été, mais faute de publication pendant l’été je vous l’avais promise pour les fêtes de fin d’année.
J’avoue, que lors du sondage, je m’attendais à une victoire plus écrasante des anecdotes de ma vie de juriste face à la sélection de Legaltech, mais finalement cela s’est soldé par une égalité 😱. Je vous promets donc un autre numéro spécial dédié à ma sélection de Legaltech.
Connaissez-vous Enzo Spitaleri ? Legal Product Specialist chez Tomorro, Enzo publie activement sur LinkedIn et a créé depuis longtemps déjà une série spéciale intitulée “Vie de Juriste” '(inspirée de VdM ou Vie de Merde pour ceux qui ne connaissent pas) dans laquelle il partage des anecdotes qu’il reçoit de juristes ou avocats.
Et j’adore lire cette série, d’où l’idée de vous proposer de faire un peu la même chose dans cette édition spéciale !
Alors, prêts pour une sélection d’anecdotes ? C’est par ici 👇
📖 Au programme de ma vie
✅ Un début de carrière soporifique
✅ L’art de l’improvisation: le webinaire dans la forêt
✅ Keep Relaxed: quand ton client a besoin de souffler
✅ Le scan à 2 millions d’euros
Un début de carrière soporifique
Octobre 2014. Premier “vrai” job, début de carrière.
J’intègre PwC Luxembourg comme juriste corporate. Comme toute grande entreprise, les “nouveaux” (New Joiners comme ils nous appelaient) sont intégrés à l’occasion d’une semaine de séminaire.
Une semaine rythmée par les formations, les team building, les temps libre, et accessoirement un peu la fête aussi. Cette année là, nous étions 250 nouveaux, entre auditeurs, fiscalistes et consultants à passer 1 semaine dans un petit bled en Allemagne.
Parmi mes compétences, il y en a une qui est a double tranchant: mon sommeil. J’ai un sommeil de plomb. Pas simplement un bon sommeil, j’ai le sommeil en mode la maison pourrait s’écrouler que je ne me réveillerais pas (je vous laisse imaginer la corvée de mon épouse pour nos 3 enfants lorsqu’ils pleuraient la nuit bébé 😇).
Sachant cela (écouter son corps est primordial dans la vie), je décide d’être raisonnable pendant cette semaine d’intégration et ne fais la fête qu’un soir sur deux. Les autres soirs c’est 21h maxi au dodo.
Après 4 jours de séminaire, nous avions le jeudi matin, un “examen” pour évaluer un peu nos connaissances sur les matières parcourues les jours précédents.
Erreur de calendrier ou de calcul, cela tombait le lendemain d’un soir moins raisonnable où en bon nouveau que j’étais, j’ai profité avec les autres jusqu’à une heure assez avancée dans la nuit avant d’aller dormir.
Vous devinez la suite ?…
La panne. Oui la panne de réveil. Ou plutôt le réveil qui sonne 100 fois sans que je l’entende, mon colocataire de séminaire qui me secoue et à qui je répond “je me lève” sans m’en rendre compte. Bref, la panne royale.
Quand soudain, aux alentours de 10h30 quelqu’un frappe à la porte. Je vais ouvrir, frais comme un poisson d’Ordralfabétix, et découvre l’associée RH plantée devant moi. “Quentin, il est 10h30, dans 5 min vous êtes en bas” me dit-elle avant de repartir.
Bien entendu, je m’exécute, descends en 3 min chrono et me retrouve face à 4 ou 5 associés, bras croisés, regard menaçant pour recevoir un petit sermon. Que j’avais mérité je pense 😎
Si vous connaissez mon parcours, vous savez que j’ai passé 5 ans chez PwC Luxembourg donc que cet épisode n’a pas mis fin à ma carrière en à peine 1 semaine.
Mais je sais que je dois vraiment prendre en compte cet aspect de ma génétique dans mon organisation. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai délégué depuis 15 ans la mission du réveil à ma femme et que lorsque je suis en déplacement je mets au moins 2 réveils sur 2 appareils différents à des endroits éloignés du lit pour m’obliger à me mettre debout.
Moralité: vos capacités génétiques et comportementales, les limites de votre corps font partie intégrante de vous. Sachez les écouter, les valoriser ou les préserver.
L’art de l’improvisation: le webinaire dans la forêt
Après plusieurs années à travailler sur des liquidations de sociétés chez PwC Luxembourg, nous remarquons que le sujet intéresse grandement nos clients, et en particulier la distinction entre dissolution simplifiée (équivalent de la TUP française) et la liquidation dite “standard”.
Nous décidons donc d’organiser un webinaire afin d’expliquer les avantages et inconvénients de chaque processus, de souligner les points de vigilance. Le jour du webinaire approche, le nombre d’inscrits aussi. Plus de 80 personnes annoncées 😱
Les slides sont prêtes, relues, validées et on convient que c’est moi qui présenterai la majeure partie.
Le jour J arrive. Comme chaque jour, je fais le trajet Metz - Luxembourg en voiture (50km d’autoroute environ, minimum 1h15 aux heures de pointes, 2h00 les grands jours). Je prends donc mes précautions et pars 2h avant le début du webinaire.
Mais ce jour là, les éléments (de circulation) en avaient décidé autrement. Accident, travaux, ralentissement, tout était réuni pour me faire perdre du temps. Alors que j’étais sur le point d’arriver, tout juste à l’heure, le coup de grâce.
Un feu de travaux 🚦
Vous savez, celui qui fait passer 3 voitures toutes les 3 minutes. Il était là, au bout de la rue me permettant d’atteindre le bureau.
Aucune échappatoire, trop loin pour finir à pieds, trop tard pour faire demi-tour, il fallait trouver une solution, et vite ! Je me suis alors dit “Pas le choix, il va falloir le faire depuis là où je suis ce webinaire”.
Ni une ni deux, je trouve un petit coin pour me garer pas loin de cette route qui traverse la forêt de Kockelscheuer.
✅ J’allume le PC,
✅J’allume le portable
✅J’active le partage de connexion (heureusement le réseau était bon)
✅ Et je démarre le webinaire à l’heure, comme prévu
Je n’ai pas allumé la caméra (je n’avais pas le fond d’écran virtuel pour faire illusion). Mais entre ne pas me voir et devoir annuler ou laisser mon collègue (mon supérieur en plus) se débrouiller seul, la meilleure option restait la première.
La suite s’est déroulée comme sur des roulettes. Les slides sont passées les unes après les autres, avec les explications, des interactions avec les participants, Comme si de rien n’était.
Si j’avoue avoir eu quelques sueurs et si j’avoue avoir aussi légèrement pesté sur la route, cette expérience a été une excellente occasion de faire preuve de flexibilité et d’agilité. Je me suis d’ailleurs servi de cette expérience lors d’un entretien par la suite.
Epilogue: ma connexion a quand même coupé avant la fin de la session de questions/réponses car je n’avais plus de data dans mon forfait 🤣
Moralité: les imprévus ne sont pas des obstacles, ils sont la meilleure occasion de travailler votre adaptabilité
Keep Relaxed: quand ton client a besoin de souffler
Me voilà cette fois-ci chez PwC Legal (entre 2018 et 2021 donc).
Je travaille sur le dossier d’un gros client du cabinet qui nous contactait régulièrement pour des opérations immobilières. A chaque fois, des sommes importantes, de nombreuses parties prenantes et des délais plus que courts.
La date de la transaction approche, les documents sont presque prêts mais il me manque des données financières pour pouvoir les terminer.
Côté client, le principal interlocuteur est le CFO. C’est lui qui coordonne le tout et qui doit nous transmettre les précieux chiffres. C’est donc à lui que j’adresse une puis plusieurs relances, courtoises, en rappelant que nous devons absolument recevoir les données financières pour terminer la documentation et faire ensuite la transaction dans les temps.
Après plusieurs de ces relances, je reçois enfin un email du client, commençant par “I am relaxed”
Une manière de dire, “désolé de ne pas être revenu vers vous plus tôt, j’ai enfin pu me poser pour vous envoyer les chiffres” (enfin c’est comme ça que je l’ai compris moi).
Je prends donc aussitôt connaissance du message et de la pièce jointe. J’analyse les données et renvoies aussitôt un email pour le remercier et poser quelques questions sur des données qui ne sont pas claires.
Et au lieu de la traditionnelle phrase de courtoisie à la fin, je balance un petit “Keep Relaxed”.
Vous n’imaginez pas la tête de l’associé du cabinet lorsqu’il a vu passer mon email au client. “Oh, tu as osé faire ça”. Et mon “culot” s’est rapidement répandu dans le cabinet qui a donc appris ce que j’avais osé écrire à ce client si important.
Pour moi, cela n’avait rien à voir avec le culot. Ces transactions étaient aussi stressantes pour le client que pour nous. Et répondre “Keep Relaxed” était justement une manière de dire que j’avais bien pris en compte son manque de temps, c’était faire preuve d’empathie et rappeler que nous sommes finalement, client et conseil, sur le même bateau.
Moralité: Il est essentiel de savoir adapter son style, ses formulations à son destinataire mais aussi au contexte, aux circonstances et à tous les éléments existant autour d’une conversation.
Le scan à 2 millions d’euros
Revenons encore plus en arrière. Eté 2011, stage de fin de licence 3.
J’effectue mon stage au secrétariat juridique du groupe IRD près de Lille.
Recherches juridiques, préparation des conseils et assemblées générales, aide à la rédaction font partie de mes attributions.
Et à une époque où les signatures étaient encore manuscrites, nous avions le célèbre parapheur avec sa fiche navette en couverture pour indiquer au(x) signataire(s) le contenu du parapheur.
A l’occasion d’une transaction, un chèque d’environ 2 millions d’euros avait été établi par le service comptable puis donné au juridique pour le mettre avec le reste de la documentation à signer. Le chèque est agrafé avec un document et on me charge d’aller faire signer l’ensemble au président après avoir fait une copie des documents.
Je vais donc innocemment à la photocopieuse, glisse l’ensemble des documents dans le bac de copie et appuie sur numériser. Les documents sont avalés les uns après les autres pour être scannés jusqu’à ce fameux chèque qui rappelez vous était agrafé…
Et les photocopieuse n’aime pas les agrafes 😡
La machine a donc avalé de travers et littéralement déchiré le chèque en plusieurs morceaux 🧩
Plus de peur que de mal, puisque la compta a bien sûr refait un chèque que j’ai photocopié seul, soigneusement avant de le faire signer.
Moralité: même les tâches les plus anodines demandent précaution et expertise (pas ouf comme moralité mais c’est tout ce que j’ai trouvé pour justifier ma boulette)
J’espère que cette édition spéciale anecdotes 100% vécues vous a plu et vous fera rire pendant ces temps de fêtes.
Je vous souhaite à tous un très bon réveillon et de pouvoir commencer 2026 de la meilleure des façons.
Je suis impatient de vous retrouver très vite, pour de nouvelles aventures et surtout pour faire grandir l’esprit des Legal Ops dans les fonctions juridiques.
A très bientôt
Que la Force des Legal Ops soit avec vous !









J’adore, merci Quentin pour toutes ces anecdotes.
Je suis sûre que tu en as encore plein d’autres à partager dans une prochaine édition